Les agents nuisibles de l’alimentation du 21ième siècle, comment s’y retrouver?

Très peu d’aliments sont parfaits. La plupart d’entre eux ont deux aspects, «bons» et «mauvais». Je ne parle pas des aliments de type ‘’Rapide’’ (Fast food) que nous savons tous qu’ils ont leur effets nocifs sur la santé. Je parle ici plutôt d’aliments considérés sains mais qui sont classés anti-nutriments. De ces aliments anti-nutriments font partie ‘’Les lectines’’ considérées des «mauvaises» choses fréquemment mentionnées. Les lectines sont une famille de protéines présentes dans à peu près tous les aliments mais en plus grande proportion dans les légumineuses et les céréales.

La consommation fréquente de grandes quantités de lectines endommage la muqueuse du système digestif. Certaines recherches et études scientifiques affirment que les lectines provoquent une perméabilité accrue de l’intestin et pourrait entraîner certaines maladies entre autre une maladie auto-immune à long terme. Mais avant de sauter aux conclusions trop hâtivement, il est vrai que les lectines peuvent causer des dommages, mais il serait facile de se débarrasser d’elles avec les bonnes méthodes de préparation et de cuisson.

Qu’est-ce que les lectines et d’où viennent-elles?

Les lectines sont une famille diversifiée de protéines de liaison des glucides trouvées dans la nature. Toutes les plantes et les animaux en contiennent.  Ces protéines jouent différents rôles dans les fonctions physiologiques normales, y compris celles de nos propres corps. Par exemple, elles aident les cellules et les molécules à se lier les unes aux autres et remplissent diverses fonctions liées au système immunitaire.

Bien que tous les aliments contiennent des lectines, seulement environ 30% des aliments que nous mangeons en contiennent des quantités significatives.  Les Légumineuses (y compris les haricots, le soja, les arachides, les noix d’acajou) et les grains contiennent le plus de lectines, suivis par les produits laitiers, les fruits de mer et des plantes de la famille des solanacées.

Leur fonction dans les plantes n’est pas claire, mais elles peuvent avoir évolué comme un mécanisme de survie. La plupart des plantes ne veulent pas être mangées, avoir ces molécules nuisibles peut dissuader les animaux de les manger en grandes quantités.

Pourquoi ces lectines sont elles nuisibles?

Les lectines peuvent être nocives pour les humains en grandes quantités parce que les humains ont des problèmes à digérer la plupart des lectines. En fait, elles sont très résistantes aux enzymes digestives de l’organisme, et peuvent facilement passer à travers l’estomac de formes inchangées. Le «poison» des lectines est ce qui les rend sujettes à se fixer à la paroi intestinale.
Une fois fixées, elles perturbent la maintenance de l’organisme des cellules, de sorte que l’usure et la déchirure courante qui se produit dans l’intestin s’empire progressivement. Ceci est la principale raison pour laquelle l’apport excessif de lectine provoque une détresse digestive.

Les lectines les plus étudiés sont appelées phytohemagglutinins. Vous les trouverez principalement dans les plantes, en particulier les légumineuses et les céréales. Les légumineuses non cuites (premières) comme les haricots sont les plus grandes sources de ces lectines. Manger des haricots crus peut donc conduire à une intoxication aux lectines, les principaux symptômes comprennent de graves douleurs abdominales, des vomissements et la diarrhée. Cependant, gardez à l’esprit que les humains ne mangent habituellement pas les légumineuses crues. Elles sont toujours cuites avant la consommation.

L’exposition répétée aux lectines peut augmenter la perméabilité intestinale et conduire à des maladies auto-immunes. Donc, comme il vient d’être mentionné, l’exposition répétée à des lectines peut éventuellement endommager la paroi intestinale. Des substances indésirables peuvent alors plus facilement pénétrer dans l’intestin, et peuvent entrer dans la circulation sanguine. Cette condition d’augmentation de la perméabilité intestinale est souvent appelée «syndrome de l’intestin perméable» Quand les lectines « passent » dans la circulation sanguine, elles peuvent interagir avec les glycoprotéines sur la surface des cellules.
Les lectines peuvent également interagir avec des anticorps, qui sont un composant essentiel du système immunitaire. Cela peut provoquer une réaction immunitaire non seulement contre les lectines, mais aussi contre des tissus de l’organisme auxquels les lectines sont liées.
Ce type de réaction est connu comme une réaction auto-immune, où le système immunitaire commence à attaquer par erreur les structures propres de l’organisme.

La cuisson pour dégrader la plupart des lectines dans les aliments

Les partisans de la diète paléo affirment que les lectines sont nuisibles. En raison des lectines (et d’autres anti-nutriments) présentes dedans, ils disent que les gens devraient éliminer les légumineuses et les grains de leur régime alimentaire. Cependant, ce qui est souvent mis de côté pendant les débats, est que les lectines peuvent être pratiquement éliminées à la cuisson. En effet, la cuisson des légumineuses à l’eau élimine presque toute l’activité de la lectine. Les haricots rouges contiennent 20.000 à 70.000 HAU (unité hémagglutinante), les haricots cuits ne contiennent que 200-400 HAU, une baisse massive qui atténue presque totalement le risque d’en consommer.

Les lectines peuvent être réduites davantage avec le trempage, la germination et la fermentation

La cuisine n’est pas la seule façon de dégrader lectines dans les aliments. Le trempage ou la germination des graines et des céréales contribuent à éliminer les lectines et d’autres anti-nutriments. La fermentation des aliments peut également fonctionner, en permettant aux bactéries de digérer les anti-nutriments.
Ceci est la raison pour laquelle les grains entiers préparés de façon traditionnelle sont beaucoup plus sains. Les populations qui mangeaient traditionnellement les grains les traitaient habituellement d’abord avec une certaine forme de fermentation. Les grains d’aujourd’hui sont peut être plus problématique, car ils ne sont plus préparés comme d’habitude, et sont donc plus élevés en anti-nutriments.

Les personnes ayant des problèmes auto-immunes ou digestifs pourraient donc très bien répondre à un régime qui exclut la plupart des lectines, y compris ceux des produits laitiers, des œufs et des plantes de la famille des solanacées, comme les pommes de terre, l‘aubergine, la tomate et les poivrons. Toutefois, les quantités dans les aliments seraient probablement trop basses pour que ce soit une véritable préoccupation pour les personnes en bonne santé. Mais le danger est omniprésent chez les personnes en moins bonne santé ou présentant un système immunitaire affaibli.
Il ne faut pas oublier que la plupart de ces aliments contenant des lectines sont aussi riches en vitamines, minéraux, fibres, antioxydants et toutes sortes de composés bénéfiques. Les avantages de ces nutriments sains dépassent largement les effets négatifs des quantités de lectines surtout lorsque les précautions de préparations sont respectées.

Le Régime Paléolithique serait-il vraiment la solution?

Le régime paléolithique n’a pas été « inventé » : il correspond à ce que les premiers humains mangeaient spontanément, de façon naturelle. On en entend parler depuis les années 1980, dans un article intitulé Paleolithic Nutrition dans le prestigieux New England Journal of Medicine. Le chercheur Radiologiste et anthropologue médical, Dr Eaton émettait alors l'opinion que l’alimentation idéale correspondrait à celle de nos ancêtres de l’âge de pierre. En autant que l'on puisse en juger à partir des populations actuelles vivant encore comme à cette époque, il semble que nos aïeux ne connaissaient pas les maladies dégénératives. On croit même que leur excellente forme physique leur aurait permis de facilement rivaliser avec les athlètes modernes.

La théorie de Dr Eaton stipule que ce sont nos gènes qui déterminent nos besoins nutritionnels. Comme le génome humain n’aurait évolué que de 0,02 % en plus de 40 000 ans, c’est dire que nous possédons les mêmes gènes que nos ancêtres préhistoriques. Par conséquent, l’alimentation de cette époque nous conviendrait tout à fait. Depuis 1985, divers scientifiques se sont mis à étudier cette époque et ont déterminé quelles étaient les pratiques alimentaires des chasseurs-cueilleurs d’alors. Un de ces chercheurs, Loren Cordain, docteur en éducation physique, a publié un livre, adapté à la culture américaine, qui décrit la diète telle qu'on devrait la suivre à notre époque.
Loren Cordain n’est pas le premier à mettre en évidence les avantages de la diète de nos ancêtres lointains. En effet, un éminent médecin français, Dr Jean Seignalet, décédé en 2003, a publié en 1996 un livre sur la diète ancestrale, intitulé L’alimentation ou la troisième médecine3. Son ouvrage vient d’être réédité pour la cinquième fois. Au cours de sa carrière, Dr Seignalet a utilisé la diète ancestrale avec beaucoup de succès contre des maladies auto-immunes comme la sclérose en plaques et l’arthrite rhumatoïde ainsi que des maladies que la médecine traditionnelle a de la difficulté à traiter, comme la fibromyalgie.

Les grands principes de ce régime

Les objectifs :

• Perte de poids.
• Amélioration de l’état de santé en général.
• Disparition de la fatigue (plus d’énergie).
• Disparition des problèmes de digestion et des reflux d’acidité.
• Dégagement des sinus, disparition des raideurs matinales, normalisation des fonctions intestinales (chez certaines personnes).
• Prévention de plusieurs maladies : maladies cardiovasculaires, ostéoporose, syndrome X (diabète de type 2, hypertension, hypertriglycéridémie, obésité).
• Soulagement possible de certaines maladies auto-immunes : maladie coeliaque, dermatite herpétiforme, arthrite rhumatoïde, sclérose multiple, syndrome Gougerot-Sjögren.

Les grandes lignes

La diète paléolithique supprime carrément deux des quatre grands groupes d’aliments, soit les produits laitiers et les céréales (dont le pain). Elle fait partie des régimes faibles en glucides (low carb). Elle ne comprend que 22 % à 40 % de glucides, ainsi que 19 % à 35 % de protéines, et 28 % à 47 % de lipides. En comparaison, l'alimentation nord-américaine typique comprend de 50 % à 60 % de glucides.

Les aliments autorisés

• Toutes les viandes maigres, les volailles, les poissons et les fruits de mer, ainsi que les oeufs.
• Tous les fruits et les légumes pauvres en amidon.
• Toutes les noix et les graines (graines de tournesol, amandes, etc.).
Les aliments à consommer avec modération
• Les huiles pressées à froid.
• Les avocats.
• Le thé, le café et les boissons alcoolisées.
• Les fruits séchés.

Les aliments à supprimer

• Tous les produits céréaliers.
• Toutes les légumineuses.
• Tous les produits laitiers.
• Tous les produits transformés ou en conserve.
• Tous les légumes riches en amidon (pomme de terre, manioc, igname, etc.).
• Les viandes grasses.
• Les aliments salés.
• Le sucre.
• Les boissons gazeuses.
Avec ce régime, il n’est pas nécessaire de compter les grammes de glucides ou même les calories que l'on consomme. La principale règle est de cesser de manger dès qu'on est rassasié

Nuance

Selon la théorie, on peut adhérer à cette diète en se donnant une certaine marge de manoeuvre, c'est-à-dire en s'octroyant un, deux ou, au maximum, trois repas « à notre goût » par semaine. Ces quelques repas étant composés d'aliments « non approuvés », ils serviraient de filet de sécurité et faciliteraient l'adoption de ce nouveau mode de vie.

Les mécanismes d'action de la diète paléolithique

Selon la théorie, les différents aspects de la diète entraîneraient plusieurs bénéfices. Les voici, en relation avec chaque aspect.
Effets des protéines des viandes maigres, très abondantes dans la diète paléolithique
• Brûler plus de calories grâce à l’effet thermique supérieur des protéines par rapport aux glucides et aux lipides.
• Atteindre plus rapidement et maintenir plus longtemps la satiété.
• Réduire le « mauvais » cholestérol (LDL), les triglycérides et l’homocystéine, tout en augmentant le « bon » cholestérol (HDL).
• Améliorer le métabolisme de l’insuline.
• Abaisser la tension artérielle.
L'ensemble de ces effets faciliterait la perte de poids et protégerait des maladies cardiovasculaires.

Effets de l’abondance de fruits et légumes

Rétablir l’équilibre acido-basique de la diète en favorisant un rapport sodium/potassium élevé. En effet, plus la diète contient de potassium par rapport au sodium, plus elle est en équilibre acido-basique, c’est-à-dire ni trop acide, ni trop alcaline. Les fruits et les légumes contiennent beaucoup de potassium tandis que le sodium est associé au chlore dans le sel. Or le chlore est un minéral acide. Un rapport sodium/potassium élevé aide à prévenir l’hypertension, les lithiases biliaires, l’asthme, l’ostéoporose, certains types de cancers ainsi que d’autres maladies chroniques associées à une alimentation riche en sodium. Prévenir les cancers grâce à leur richesse en antioxydants.

Pourquoi ces lectines expliquent notre dépendance aux AINS et à la glucosamine

Comme de nombreux tissus chez les humains sont constitués de N-acétylglucosame (une substance proche de la chitine) la consommation d’aliments en apparence anodins comme ceux mentionnés ci-dessus pourrait se traduire par un large éventail d’effets indésirables. Le fait que tant d’américains consomment au moins deux ou trois des aliments ci-dessus tous les jours (en plus du blé) peut expliquer en partie pourquoi les maladies dégénératives des articulations (comme l’arthrose) sont la règle et non l’exception dans les sociétés occidentales.
Voici plus de détails :
« La popularité du complément alimentaire glucosamine permet de mesurer à quel point les effets néfastes de ces aliments sont répandus dans les populations occidentales. Aux Etats-Unis, l’équivalent d’un quart de milliard de dollars de glucosamine se vend tous les ans. La principale source de glucosamine sur le marché vient de l’exosquelette des crustacés, riche en N-acétylglucosamine, comme les crevettes et les crabes. La glucosamine est utilisée pour réduire la douleur et l’inflammation. Nous n’avons pas de déficience alimentaire en coquilles pulvérisées de créatures marines mortes, et pareillement, notre utilisation des AINS n’est pas due à une déficience en ces produits chimiques synthétiques dans notre alimentation. Quand nous consommons de la glucosamine sous forme de compléments alimentaires, les lectines fixant la chitine présente dans notre alimentation, au lieu de se fixer sur nos tissus, se lient à la chitine pulvérisée dans les suppléments de glucosamine, ce qui protège de leur impact total. Les millions d’américains qui ont vu leur douleur et souffrance réduite en ingérant de la glucosamine et des AINS pourraient obtenir de meilleurs résultats en supprimant de leur alimentation les aliments contenant de la lectine fixant la chitine qui est en réalité la cause sous-jacente de leur trouble. Cela soulagerait encore plus la douleur et l’inflammation et les rendrait beaucoup moins dépendants de compléments et médicaments palliatifs. »
Le lien entre les lectines fixant la chitine et la dépendance aux AINS et à la glucosamine a donc été expliqué, mais n’est que la partie émergée de l’iceberg des « lectines ». Je crois qu’une enquête approfondie sur la lectine de blé et les lectines fixant la chitine révélera que ces « épines invisibles » sont un facteur dominant de morbidité et de mortalité dans les sociétés occidentalisées.

Mon commentaire

Peut importe le régime que vous choisissez, ce qui importe dans votre choix alimentaire est votre état de santé au quotidien. Même si la diète paléolithique n’induit pas de carences nutritionnelles, cela ne veut pas dire qu’elle est indiquée pour tous. Cette diète est bien loin de nos habitudes alimentaires et le plaisir de manger peut y être affecté. Selon moi, nos maladies de civilisation proviennent principalement d’un manque d’activité physique et d’une consommation trop élevée d’aliments transformés et sucrés, mais pas nécessairement d’une consommation trop élevée de céréales entières et de légumineuses.

D’ailleurs, un des régimes les plus reconnus au monde, le régime méditerranéen qui vise les mêmes bénéfices que la diète paléolithique, bien que celui-ci autorise les produits céréaliers, les légumineuses et un peu de produits laitiers. Votre meilleur façon de choisir quel régime vous correspond est votre état de santé général. Si vous souffrez de divers symptômes récurrents qui semblent affecter votre qualité de vie au quotidien, il serait important de venir me consulter pour voir si votre alimentation n’est pas en cause. Tout est question de votre bilan de santé actuel. Alors Quel régime choisirez-vous?

 

Bonne Santé à tous

2 Responses

  1. Gros problème au niveau des intestin avec gonflement baisse de tension herpès tout les mois grosse fatigue général problème musculaire et articulaires avec déclenche ment d asthme perte de poids douleur facial chronique et tous cela me fait un ventre énorme avec tous ces symptômes donc j abandonne mais course de trail et entraînement car le corps ne répond plus je désespère de trouver une solution vu tout les spécialistes pour eux cela viendrais des intestin soit virale ou bactériologique voilà le petit résumé quand pense vous merci pour votre réponse
    • Merci pour votre commentaire, il est difficile de vous donner des recommandations ouvertes sans consultations. Il semble effectivement y avoir un déséquilibre au niveau du microbiote intestinale mais il faudrait voir a faire un test approfondi pour valider. Il est aussi important de voir vos habitudes alimentaires, d’hygiène de vie, gestion du stress, etc... il semble également y avoir une défaillance du système immunitaire... bref, il peut aussi y avoir un déséquilibre de désordre énergétique cellulaire. Une consultation avec un thérapeute quantique serait fortement recommandée. Au plaisir de répondre a d’autres questions

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